Chronique

Comment freiner les pensées négatives envahissantes?

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Alors qu’approximativement 80% des pensées de l’adulte moyen sont de nature plus négative que positive, de nombreux auteurs affirment qu’elles sont essentielles pour notre équilibre psychologique. On peut les classer sommairement en trois grands regroupements: inquiétudes-peurs, frustration-colère-injustice et découragement-impuissance-idées noires. Dans le meilleur des scénarios, la personne ne fera qu’accueillir ces pensées négatives, au même titre qu’elle accueillerait les pensées positives, et ces pensées ne feraient que passer. En fait, les recherches évaluent que les situations redoutées – réelles ou imaginaires – finissent par se dérouler beaucoup mieux qu’anticipé dans une proportion de 85% et que 80% des personnes finissent par être agréablement surprises de leur efficacité à relever le défi. Du reste, ces pensées joueraient un rôle instrumental dans notre façon d’analyser et d’agir dans un grand nombre de situations.

https://www.scientificamerican.com/article/negative-emotions-key-well-being/

Toutefois, les pensées négatives peuvent aussi devenir beaucoup trop dominantes, trop déprimantes et persistantes, au point de nuire à notre fonctionnement, à nos relations et à notre santé. Dans les cas où l’humeur et le bien-être en deviennent trop affectés, la médication sera recommandée. Les stratégies suivantes peuvent aussi s’avérer d’un grand secours:

– Prendre conscience de notre tendance à ruminer et à dramatiser. Compartimenter les pensées négatives (comme nous le ferions pour une tâche à situer dans un agenda) permet d’affronter le problème au moment choisi, soit lorsque nous sommes dans de meilleures dispositions (le matin au lieu de la nuit par exemple). Ce décalage permet l’émergence de pensées plus productives. De plus, délimiter le temps de réflexion par rapport à la situation inconfortable prévient aussi la tendance à dramatiser. Par exemple, établir le moment opportun pour une réflexion productive d’une vingtaine de minutes pour un problème donné nous permettrait le recul nécessaire pour maximiser notre capacité d’y faire face.

– Percevoir la situation confrontante et inconfortable comme une opportunité d’en apprendre davantage sur soi, malgré le malaise apparent ressenti.

– Maintenir le focus sur ses forces personnelles, même lorsque nos pensées nous amènent à nous sentir totalement inadéquats. Il est aidant de nous rappeler des moments durant lesquels nous nous sommes sentis totalement aptes à faire face à des situations comparables. Aussi, au lieu de ruminer sur un échec ou une erreur, nous pourrions penser plus rapidement en fonction de réparer la situation et à se reprendre en temps opportun.

– Apprendre à remettre en question nos pensée négatives. Sont-elles rationnelles? Qu’est-ce qui nous fait peur au juste? Quel serait le pire scénario possible? Serait-ce vraiment la fin du monde? Y aurait-il un moyen de rendre cela un peu plus drôle? Qu’est-ce qu’un bon ami nous dirait?

– Comprendre que les sentiments d’envie ou de jalousie ont le potentiel de se révéler extrêmement dommageables pour la santé mentale. Mais au mieux, se comparer de façon réaliste aux autres pourrait nous amener à apprécier davantage notre situation et/ou à nous pousser à mieux nous accomplir.

– Donner un coup de main à une personne qui est en besoin/s’impliquer dans des causes qui sont significatives. De nombreuses études font foi d’une amélioration de l’humeur grâce aux relations qui se développent lors d’actions sociales ou de gestes de générosité.

– Faire des exercices de méditation et de mindfulness. Pratiquer l’art de demeurer dans le moment présent, non seulement pour laisser de côté les regrets du passé, mais aussi éviter l’anticipation de dangers imaginaires futurs. Utiliser le mantra que « tout passe », bonne situation comme mauvaise. Se rappeler régulièrement qu' »une pensée n’est qu’une pensée, qu’un sentiment n’est qu’un sentiment… »

– Se méfier des effets de la consommation d’alcool et de drogues, qui pourraient certes momentanément réduire l’impact des pensées négatives, mais simplement pour venir les accentuer par la suite.

– Bien sûr, il existe un tas d’autres stratégies comportementales pour permettre de désamorcer les pensées négatives trop persistantes: marcher dans la nature, élever notre pouls à pratiquer une activité physique, écouter une musique rythmée, faire une activité qui capte notre pleine attention, pratiquer le yoga, se baigner dans une eau bien froide ou prendre une douche bien chaude, ou les deux… Apprendre à mieux composer avec les pensées négatives permet de rendre ces dernières plus productives, tout en nous permettant de mieux nous connaître.

https://my.happify.com/hd/how-to-stop-negative-thoughts-from-getting-you-down-infographic/?et=0d51277a-4e28-40d0-8b9b-6dbcfcc878e6

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